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À chaque enfant son école
À tous les niveaux de la scolarité, l’enfant doit pouvoir trouver un système scolaire adapté à sa personnalité, sa soif d’apprendre, son esprit d’initiative. C’est ce que proposent près de 700 établissements en France. Dits alternatifs, ils se fondent surtout sur des méthodes d’apprentissages différentes de celle de l’enseignement classique.
L’ idée d’apprendre autrement n’est pas nouvelle. C’est depuis la Renaissance qu’enseignants, psychologues et philosophes s’interrogent sur la possibilité d’offrir aux enfants une scolarité plus personnalisée, plus adaptée à leurs désirs comme à leurs difficultés d’apprentissage. Si ces courants réformateurs se sont toujours affrontés sur des clivages pédagogique, psychologique et politique, ils n’en restent pas moins tous partisans d’un nouveau souffle éducatif pour l’enfant où savoir-être, créativité, capacités d’expression et estime de soi ont autant leur place que savoirs et savoir-faire.
Les écoles maternelles et élémentaires
C’est à ce niveau de la scolarité que l’on trouve le plus de classes qui appliquent des méthodes d’apprentissage différentes. Dans ces classes, les activités libres sont mises en avant par les maîtres et les enfants ne sont pas cloisonnés par niveaux. Ils pratiquent des activités tous ensemble, sans distinction d’âge.
Dans les jardins d’enfants Montessori (3-6 ans), on propose aux enfants un environnement leur permettant de réaliser tel ou tel apprentissage au bon moment, c'est-à-dire lorsqu’ils le souhaitent. L’apprentissage Montessori passe par le concret, le toucher, la manipulation réelle d’objets, ce qui facilite la compréhension des concepts et une meilleure mémorisation. Le but : décomposer les tâches pour ne présenter qu’une difficulté à la fois, laisser l’enfant « faire seul », le maître étant juste présent pour créer un environnement propice à l’apprentissage. Le travail est donc libre et individuel, l’ambiance est calme et ordonnée, parfois un peu clinique, si l’on doit comparer avec les autres méthodes d’apprentissage. Les écoles Montessori, conçues à l’origine pour la maternelle, se sont développées à tous les niveaux. Comme chez les tout-petits, les élèves en élémentaire travaillent le plus possible en autonomie.
La pédagogie Steiner privilégie elle aussi le regroupement d’enfants, mais dans une ambiance bien plus familiale. Chaque école a son petit coin-cuisine (où la « jardinière » prépare avec l’aide des enfants les repas), des niches où les enfants peuvent se retrouver plus au calme, voire un petit coin sieste bien aménagé. Pas d’angles droits. Le cadre doit être tout en rondeur. Les jeux libres avec des matériaux naturels (crayons de cire, peinture aux pigments naturels) sont mis en avant, ainsi que les activités manuelles et artistiques. La danse, le chant sont très pratiqués, parfois un peu au détriment de la préparation à la lecture (dans les écoles hors contrat, à savoir la majorité), l’écriture et les mathématiques. L’image est proscrite, l’enfant étant suffisamment à son contact à la maison avec les livres et la télévision. L’atmosphère est détendue, bruyante et joyeuse.
En élémentaire, les élèves se retrouvent dans une école Waldorf. Ils ne sont ni notés, ni classés et auront le même enseignant pendant toute la durée du cycle, soit 5 ou 7 ans. Point particulier : dans le programme, les élèves étudient l’histoire des religions, le spirituel, la réincarnation et les langues très précocement (2e langue dès le CE1). Dans les classes Freinet primaire et élémentaire, ce sont l’expression libre, la communication, le tâtonnement expérimental qui sont enseignés par les maîtres. Les enfants travaillent à des « projets » multiples et en groupe, comme monter une exposition, écrire un petit livre, faire une pièce de théâtre… Ce sont eux les initiateurs de tout ce qu’ils entreprennent, ils sont libres de leurs choix. Les enfants écrivent beaucoup et font de multiples activités en extérieur. La variété de choix est bien plus grande que dans les autres pédagogies.